Comment nous sommes devenus bergers-fromagers…..

Adrien rêvait déjà tout petit d’un troupeau de brebis, il se voyait garder ses bêtes dans la belle et préservée réserve naturelle de Marolles, son village natal du Loir et Cher. Il n’a malheureusement pas pu reprendre l’exploitation alors en céréales de son grand père, située à l’entrée même de la dite réserve…. Mais sa passion pour l’élevage a eu raison de lui, il ne s’en est pas arrêté là. Il se forme, part faire le berger dans les Alpes….. Bien que tout l’aurait poussé à une vie de salarié bien rangé, il persévère….. Et sur sa route, rencontre Emilie……

Emilie a grandit à Paris, et rêvait de campagne, de prairie de tranquillité et surtout d’autonomie. Un peu plus grande, elle arrive dans le Loir et Cher, et fait le choix de travailler dans les vignes et le vin….. Elle rêve alors de vie de famille, de ferme…..et rencontre Adrien….

Et les voilà partis tous les deux faire une formation au Pays Pasque et dans le Béarn, Adrien pour approfondir ses connaissances en élevage de brebis et apprendre la fabrication de la tomme, Emilie a tout à apprendre. Ils trouvent alors un formateur qui leurs apportent toutes les connaissances nécessaires à la bonne conduite d’un troupeau laitier.

De retour de formation, Adrien saisit une opportunité de travailler avec le CPIE Touraine Val de Loire, basé à Seuilly, qui recherchait un berger expérimenté afin de constituer un troupeau de brebis solognote pour entretenir des espaces naturels protégés.

Le jeune couple se pose alors dans le Chinonais et décide d’acquérir ses premières brebis laitières. Car si le salariat d’Adrien les « posent » financièrement, ils restent en quête d’autonomie.
Ils achètent une fermette à Marcay, avec 2 hectares, démarrent les fromages dans la cuisine, et cherchent des terres pour faire pâturer leurs brebis. Mais le secteur agricole est plutôt « hostile », et hormis des jachères interdites au pâturage, les bords de chemin, des jardins que les particuliers mettent gentillement à disposition, les surfaces n’affluent guère…..
Grâce aux paysans du secteur, ils ont vent de la vente d’une ferme à Chaveignes avec 30 hectares de prairies d’un seul tenant, des bâtiments pour les animaux….. L’occasion est là, et même si leur situation familiale est un peu fragile ( un enfant de trois ans et un bébé à naître), avec le soutien de leur entourage et beaucoup d’heures de travail, le projet se monte et aboutit…… Le 25 septembre 2013, ils achètent la ferme, leur ferme, celle de leurs rêves à tous les deux.